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            LES HISTOIRES DE CORINA

                                            

La magie de Guanabara

       

 

Revenir à Rio n’est pas comme revenir à Prague et à Rome. Cette ville fascine plus que toute autre que j’ai pu visiter, par ses contrastes.

  

J’ai l’impression de me retrouver pour la troisième fois à Rio. Avant même de traverser l’Atlantique, j’avais découvert Guanabara (c’est le nom de la sublime Baie de Rio) dans un livre, « Rouge Brésil ». Je l’avais découverte aux côté des français qui avaient voulu coloniser ces contrées d’une beauté sauvage au 16ème siècle. On s’y voit, parmi ses îlots et ses « morros » (collines en pierre ou rochers arrondis, on peut les décrire comme on veut…) à les explorer dans une petite barque, craignant la jungle qui arrive jusque sur la plage et les peuples indigènes qui l’habitent.

 

Lors de ma première venue à Rio, j’étais donc sous l’impression forte que ce livre m’a laissée. J’ai retrouvé le relief exceptionnel, la forêt dense qui descend jusqu’en centre ville, les plages immenses et les rochers de granite qui es délimitent, parmi lesquels, le plus imposant, car dominant l’entrée de la baie, est le Pain de Sucre. Mais j’ai découvert également une ville à la verticale, avec ses immeubles cossus avec gardien, une architecture moderne de verre et acier, qui gagne même la cathédrale, conique. J’ai découvert des habitants aisés faisant du sport le long des plages.

  

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Mais j’ai découvert aussi l’autre visage de cette mégalopole de 12 millions d’habitants. Sur les flancs raides des collines, les unes sur les autres, en exploitant chaque kilomètre carré, des maisonnettes de fortunes, jamais terminées car construites sans permis et aussi parce qu’une maison non terminée n’est pas sujette aux impôts. Elles forment d’énormes fourmilières bariolées, on y monte par des sentiers qui se faufilent entre les constructions et seuls leurs habitants les connaissent : ce sont les favelas. Lieux de tous les trafiques, elles déversent sur la ville une autre catégorie d’habitants, les laissés-pour-compte, les petits délinquants.

 

Car Rio est aussi, comme Sao Paolo et dernièrement Buenos Aires, une ville dangereuse, ou la petite et la grande criminalité atteint des niveaux très élevés. Le port d’armes blanches ou d’armes à feu et monnaie courante, et la ségrégation de la population, donc, et très stricte. Car le Brésil a beau être, ces dernières années, sous régime socialiste, les inégalités sociales restent extrêmement marquées et le capitalisme atteint des niveaux difficilement imaginables pour nous, qui prenons pour acquis les bienfaits de nos Etats-providence.

 

Voilà pourquoi revenir à Rio est encore et toujours fascinant, plus que dans n’importe quelle autre ville que je connaisse : les contrastes entre sa position géographique exceptionnelle, sa nature et son climat bénits des dieux d’une part et son verticalisme de capitale moderne de l’autre, ou encore entre les beaux condominiums gardés et sécurisés et les bidonvilles qui envahissent les flancs de colline quelques centaines de mètres plus loin.

 

Cette fois nous avons rencontré Rio plus en douceur, en arrivant depuis la presqu’ile au nord. En traversant le pont de 13km qui traverse la Baie de Guanabara (lui-même une prouesse du génie civil), la ville, sa beauté et ses contrastes se sont révélés de manière moins brutale, mais le même sentiment de fascination mêlée à un peu de crainte nous a envahis. Aller à Rio en camping-car, dormir au bord de la plage au pied du Pain de sucre, tout ça est assez surréaliste d’ailleurs, nous avons dû nous le répéter plusieurs fois d’ailleurs : « Vous vous rendez compte, nous sommes à Rio ! ».

 

   

 

 

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