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Nous sommes sur l’autoroute qui remonte de Puerto Montt vers Santiago du Chili. Le soleil tape, il fait de plus en plus chaud au fur et à mesure que nous avançons vers le nord. On longe les Andes, nous avons tout le temps les sommets enneigés dans le coin de l’œil. Sur le bord de l’autoroute, on vend du fromage, des fruits…on achète un délicieux melon de plus de 3kg ! Lorsque nous sommes arrêtés sur une aire, qui voyons-nous piler et venir nous rejoindre en marche arrière? La Cagouille en Vadrouille, nos amis Anaïs et Cyril avec leurs enfants Ylan et Louka, avec lesquels ont s’était quittés une semaine plus tôt à Bariloche.
Nous décidons d’aller quelque part fêter nos retrouvailles, et ça tombe bien, nous sommes dans la région des vignobles ! Nous avions d’ailleurs repéré une bodega non loin de là, on s’y rend en convoi. On arrive à l’heure de l’apéro : pendant que les enfants s’amusent à jouer avec l’arrosage automatique sur la pelouse, nous dégustons quelques verres de vin de la propriété Miguel Torres. C’est un grand producteur espagnol qui a décidé voilà une trentaine d’années de traverser le Pacifique pour conquérir les terreaux chiliens.
Le sommelier nous propose quatre cépages, il nous en parle et nous fait goûter, puis il est pris ailleurs et nous laisse profiter tranquillement des bouteilles. Nous sirotons nos verres sur cette belle véranda, en regardant les vignes dans la lumière du coucher du soleil et les enfants courir dehors. La vie n’est vraiment pas désagréable…
Alors pourquoi ne pas prolonger le plaisir au restaurant gastronomique de la propriété, qui est ouvert le soir un seul jour par semaine : ça tombe bien, c’est aujourd’hui. Nous faisons dîner les enfants et leurs mettons un dessin animé dans les véhicules garés juste devant le restaurant. Puis nous allons nous régaler tous les quatre de saveurs aussi délicieuses qu’originales, le chef associant allégrement la viande avec les fruits de mer, le sucré et le salé…le tout arrosé de deux bouteilles de rouge : sans aucun doute, c’était le meilleur repas au restaurant que nous avons fait jusqu’ici en Amérique du Sud.
Le lendemain nos chemins se séparent de nouveau avec les Cagouilles, mais ce n’est sans doute que pour mieux nous retrouver plus tard.
De notre côté, nous partons à la découverte de la capitale chilienne. Nous garons Eiffel au pied du Cerro San Cristobal qui, avec ses 900m d’altitude, domine toute la ville. Nous gravissons un sentier jusqu’au sommet occupé par un sanctuaire de l’Immaculée Conception. La vue à 360 degrés ne nous déçoit pas : la ville de cinq millions d’habitants et à nos pieds et, au delà, les Andes dans toute leur majesté. Santiago a vraiment une belle situation géographique, au milieu des vignobles, proche de la mer et en même temps de la montagne avec ses pistes de ski. Mais c’est aussi un cuvette où la pollution s’accumule, donc il vaut mieux prendre un peu de hauteur pour respirer un air plus frais…
Nous descendons de San Cristobal par le vieux funiculaire, ce qui enchante les enfants. En bas, les terrasses occupent la quasi-totalité des trottoirs, et une bonne bière fraîche et une assiette de frites récompenseront nos efforts.
Le lendemain c’est dimanche (nous avons fait exprès de viser le week-end pour découvrir un Santiago plus tranquille, pour éviter l’agglomération et les embouteillages), et nous allons avec Eiffel explorer le cœur de la ville. Nous laissons le véhicule en toute sécurité sous le nez du gardien du bâtiment du Congrès, et nous allons visiter la Place des Armes et les ruelles alentour. A un moment, Thomas voit passer dans la rue une camionnette jaune immatriculée dans le 65 que nous connaissons bien : i crie et Loreen se retourne. Ce sont Loreen et Joss, les jeunes passionnés d’escalade avec qui nous avons passé de bons moments à Pardelas. Le monde est vraiment petit…Contents de nous revoir, nous échangeons quelques bons tuyaux et décidons de nous retrouver le soir au bivouac.
Puis nous continuons notre ballade par le Cerro Santa Lucia, une autre colline du centre ville, aménagée en parc urbain. La chaleur est écrasante, Santiago est frappée par une vague de chaleur en ce moment. Nous gravissons péniblement les nombreuses marches, mais encore une fois la vue d’en haut de la tour mirador est à la hauteur de nos efforts.
Nous allons déjeuner au Marché Central, une grande halle où les étals de poissons et fruits de mer sont entourés par des restaurants qui mettent dans l’assiette ce qui se vend au milieu.
Pour l’après-midi, nous décidons de suivre le conseil du Lonely Planet et d’essayer un divertissement original : nous allons voir les courses de chevaux à l’hippodrome ! C’est un beau bâtiment ancien entouré de jardins, de terrains de sport et de verdure. L’ambiance est populaire et familiale. Les chiliens viennent, petits et grands, pour passer un après-midi décontracté, se reposer sur l’herbe, regarder les courses et parier quelques pesos…Nous nous prêtons au jeu et nous parions des sommes symboliques sur plusieurs courses, qui se succèdent tous les 15 minutes. Bien sûr nous n’y connaissons rien et perdons à chaque fois, mais nous rentrons dans l’ambiance, surtout les enfants qui encouragent bruyamment « leurs » chevaux. Nous ne passons pas inaperçus… ! J
Le soir nous retrouvons comme prévu Joss et Loreen au pied du Cerro San Cristobal, et nous profitons de la douceur de la soirée pour dîner et papoter dehors jusqu’à tard…la ville aussi est notre jardin !
Toutes les photos de Santiago et des vignobles sont dans l’album dédié à la capitale chilienne.
Ce lundi 5 mars c’est la rentrée des classes au Chili, après les grandes vacances d’été. Puisque nous, on fait tout à l’envers, pour nous c’est le début de quelques jours au bord de la mer. Nous quittons la chaleur un peu étouffante de la capitale pour la côte, que nous parcourons du nord au sud, en semaine, quand il n’y a pas grand monde. Nous avons appris à jongler en sorte de nous retrouver seuls ou presque partout où nous allons…
L’entrée en matière est au top, puisque nous atterrissons à Zapallar, le Saint Trop’ local : de belles villas accrochées à flanc de colline et un croissant doré de plage dans une crique bleue. Les rouleaux du Pacifique se jettent avec force contre le sable, l’eau est froide mais le soleil brille et le sable est fin, ce sont les vacances ! Les enfants sortent les seaux et les pelles, et nous nos fauteuils pliants et nos bouquins pour quelques heures de farniente.
Après la belle Zapallar, nous devons dire que la côte balnéaire sera assez décevante, sans doute aussi à cause d’avoir commencé par le meilleur. Les autres stations sont plutôt bétonnées, l’accès aux plages est souvent restreint ou payant…nous arrivons néanmoins à bivouaquer deux nuits au bord d’une belle plage à Concon (qui n’est donc pas si con comme endroit…), et les enfants seront littéralement sur la plage du matin au soir.
Après cette étape plage, une petite étape culturelle : c’est Valparaiso, ville classée patrimoine Unesco. Ville-étape pour les bateaux qui devaient passer par le Cap Horn avant l’ouverture du Canal de Panama, « Valpo » a grandi autour de son port. Et comme l’espace plat dans la proximité immédiate du bord de mer est assez limité, elle s’est étendue sur les Cerros, les collines, aujourd’hui couvertes de maisons colorées. Ce sont ces maisons, les ruelles escarpées et les passages couverts de peintures murales qui font le charme de Valparaiso. Nous avons pris les fameux funiculaires (ou ascensores) pour gravir le Cerro Conception, qui nous offrit de jolis points de vue et un bon repas en famille dans un restaurant à la cuisine soignée. Une belle pause « ville » dans une semaine balnéaire…
Puis, nous continuons à longer l’océan vers le sud. Le relief est escarpé, les collines tombent littéralement dans la mer et la route fait parfois des montagnes russes impressionnantes. Entre condominiums fermés avec plages privées auxquelles nous ne pouvons même pas accéder, stations populaires trop bétonnées et villages-de pêcheurs trop petits et en pente, il ne nous est pas facile de trouver notre bonheur, et un endroit où nous poser.
Thomas avait mis de côté, avant même le début du voyage, un article sur « la plus grande piscine du monde », qui se trouverait justement par ici, à Algarrobo. Donc nous allons voir ça…C’est un complexe d’appartements de luxe, Thomas a bien essayé d’embobiner la gérante pour nous laisser bivouaquer sur place, mais Eiffel devait faire tache dans l’élégant condominium…nous nous sommes posés juste à côté en bord de plage. Quelques pas sur le sable et la plus grande piscine du monde est devant nos yeux, 1km de long ! Check J !
Le lendemain qui voyons-nous passer juste à côté ? C’est la Cagouille-en -Vadrouille ! S’en suivent deux jours ensemble à El Quisco, deux jours de jeux de plage et de vélo pour les enfants, de dîners, apéros, etc. pour les parents…nous profitons de l’excellent poisson frais et des moules-frites vendus juste à côté (2,5€ le kg de reineta).
Toutes les photos prises au bord du Pacifique (Valparaiso y inclus) sont dans l’album, par ici !
Et nous voilà au 10 mars, demain on s’envole ! Ah bon ? Eh oui, c’est le grand départ pour l’Ile de Pâques, que nous avons réservé il y a presque 2 mois et que nous attendions tous avec impatience…
Nous disons « à bientôt » à nos amis et filons à Santiago. Thomas en profite pour voir Ximena, une vieille amie chilienne qui avait fait son 3ème cycle avec lui à Paris. C’est un très agréable déjeuner en terrasse…nous mangeons…péruvien ! Le ceviche (poisson cru mariné) est très apprécié ici…c’est délicieux, ça présage que du bon pour la suite du voyage !
Mais voilà, pour l’heure c’est direction l’Ile de Pâques : Eiffel sagement garé sur le parking de l’aéroport, le vol de la LAN nous emmène vers l’île la plus isolée du monde, et l’une des plus mystérieuse…mais c’est une autre histoire, allez la lire bientôt ici.
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